28 mai 2009
Épilogue...?
Je sais, je n’arrête pas de dire que je vais arrêter de poster… Bref, comme l’annonce le titre, cet article va tenter de clore (¡Ojalá!) la douloureuse chronique des Jefemiades : Hier, j’ai annoncé à El Jefe le vol de mon ordi.
« C’est pas vrai ?!
Ben si, c’était vendredi soir, j’étais avec des amis et puis…
Roh, mais faut faire attention un peu, on s’ballade pas avec un ordi comme ça !
(Sinon moi ça va, j’ai perdu qu’un ordi, merci de demander) Euh, enfin tout ça pour vous expliquer pourquoi je suis ici à travailler, je recommence mon rapport que j’ai complètement perdu, du coup
Ouais à ce sujet je le veux le plus vite possible hein ?
Ben, comme je vous disais je le recommence depuis zéro alors c’est un peu compliqué…
Ah non, mais moi i’m’le faut vite, hein, j’prends 15 jours en juin là, donc je serais pas là j’veux dire, il m’le faut vite votre rapport
Ben je vous promets que je fais ce que je peux, mais je ne peux pas tout rattraper comme ça.
Mouais bon, greumeul greumeul on verra greumeul… »
Je pars, légèrement agacée, d’abord qu’il n’ait pas pris la peine d’au moins me dire « Je suis désolé pour vous » ou à défaut « Aïe, ce doit être embêtant » voire tout simplement de s’enquérir « Vous n’avez pas perdu vos papiers au moins ? ». Mais je devrais le savoir, il n’en a ab-so-lu-ment rien à carer, au moins là c’est évident et assumé.
Bref, je monte à la mission militaire pour aller chercher Hélène avec qui je compte aller faire du sport. En sortant, le gendarme à l’entrée m’interpelle « El Jefe a appelé, il veut te parler avant que tu ne partes » Et meeeerde, qu’est-ce qu’il y a encore ?
« Y’avait un code à votre ordi ?
Euuuh, non… (là, j’ai manqué de présence d’esprit, j’aurais du dire oui)
Roh, putain ! C’est pas vai ?! Je comprends pas, je comprends pas comment on peut faire ça… Y’avait quoi comme documents dessus ?
Ben, euh… Mon rapport…
Y’avait pas de télégrammes diplomatiques ?
(Cette fois l’esprit était revenu) Oh non, non ! J’ai pas de TD moi…
Non mais y’avaitr autre chose ?
Ben, les documents que j’ai mis dans mon rapport, oui… La synthèse sur la RTVE pour l’ambassadeur… Des revues de presse… Le bilan que j’avais réalisé des résultats du site Internet de l’ambassade… Ah et euh, la note que j’avais rédigée pour le Conseiller presse du Président…
QUOI ?
Euh oui…
Mais c’est pas possible ! Mais c’est pas possible ! Vous vous rendez pas compte ! Y’avait quoi dessus ?
Ben, un panorama des médias en Espagne, avec les tirages, lectorat et tendances des différents journaux…
Ah putain ! On se trimballe pas son ordi comme ça partout là !
Ben justement, je l’avais amené pour travailler ici à l’ambassade et j’allais rentrer…
Nan mais on pose D’ABORD ses affaires et APRES on va boire un verre enfin !
Je suis désolée je n’habite pas dans le centre, je fais comme je peux…
Nan mais franchement, je comprends pas… ! Faut faire attention enfin !
(Retiens toi de foutre un coup de pied dans le mur, respire et répond calmement à ce gros con, en évitant d’ailleurs ce type de qualificatif) Oui enfin quand même je n’ai pas fait exprès de me faire voler, je m’en serais bien passée aussi vous savez.
Non mais à votre âge, on est censé faire attention à ses affaires quand même !
(Et au tiens on est censé oublier son portable dans un taxi et noyer le suivant dans son verre de vin, connard ?!) Vous savez on était tous là, le sac de Justine était juste à côté du miens, bon pas de chance c’est le miens qu’ils ont pris mais…
Nan mais ça m’emmerde ça, je comprends pas, je comprends pas… (Eh ben j’vais dire, c’est loin d’être la première fois) ».
Et ce n’est pas tout, le lendemain j’arrive à l’ambassade pour me remettre au travail et je vais voir Michaël, prête à déverser tout mon fiel
« Tu sais pas ce qu’il m’a dit hier El Jefe ?
Ben si, il m’a appelé…
HEIN ??
Oui oui, juste quand j’allais choisir mes meubles à Ikea.
Et il t’as dit quoi ?
'Tu te rends compte c’qu’elle a fait Juliette ? C’est n’importe quoi !’ Euh, oui en même temps elle avait aucun document secret défense hein… (merci Miko) »
Et pareil lorsque je m’apprête à entamer ma complainte auprès d’Anne « Ah oui, il m’en a parlé aussi, il trouve que t’es particulièrement ‘immature’ ».
…PARDON ?
Et perdre son portable dans un taxi puis noyer le suivant dans son verre de vin c’est mieux peut-être ? Jouer le petit chef en considérant les stagiaires comme ses esclaves et les femmes en général comme des incompétentes, c’est bien aussi ? Gueuler, jurer, taper dans les murs et se barrer quand on est débordé de boulot, c’est responsable, c’est sûr ! Et avouer sans aucune honte « Ah oui, mais moi j’aime pas prendre des décisions, avoir des responsabilités comme ça », ça c’est franchement mature, y’a pas à dire !
Crétin.
Moi je sais ce qui serait vraiment immature, aller le voir et dire « Mmmmh, vous voulez savoir tout le mal que tout le monde pense de vous et que j’ai publié tout au long de l’année sur Internet ? Et ben c’est dans la clé USB où j’ai mis fait un sous-dossier en pièce-jointe d’un mail en communiqué dont le titre est en oblique que j’ai mis sur le bureau de l’ordi ! Et en plus, la photo est un peu orientale… ! »
Le temps qu’il trouve, j’aurais eu le temps d’être à la tête du Quai d’Orsay et de le muter au service des archives du Consulat de Ouagadougou ! Mouhahahaha !
25 avril 2009
JELEDÉTESTEJELEDÉTESTEJELEDÉTESTE!
Trop, c'est trop !
Qu'il soit misogyne, visqueux, raciste, lourd, incompétent, désorganisé et con comme ses pieds passe encore, mais là je déborde !!!
J'ai des amis qui sont venus me voir et selon la logique la plus élémentaire nous sommes sortis profiter de la nuit madrilène hier. Donc ce matin, évidemment, c'était dodo.
Après un bon petit dèj' je jette un coup d'œil à mon téléphone et je vois pas moins de CINQ appel en absence. Oups. Mes messages défilent dans le sens inverse de leur réception : message 1, à 13h "On avait dit qu'on gardait les portables allumés ! J'vous ai appelé à 10h pour notre réunion là... Vraiment ça va pas, ça va pas du tout !", messages 2 et 3 de Camille, qui m'explique avec des mots qui font des phrases qui ont un sens que le chef veut que nous nous rúnissions à l'ambassade à 13h, afin de nous informer que non seulement on devra être là dimanche soir pour l'accueil des journalistes, mais qu'en plus il faut aussi qu'on soit là à 9h pour faire une revue de presse et sortir les dépêches.
Hallucination en technicolor.
Mais c'est le message 4 qui constitue la goutte d'eau : 9h30 "Oui euh, je croyais qu'on avait dit qu'on laissait les portables allumés... Bon c'est important, rappelez-moi Juliette. Euh, pardon, Camille. Je vais appeler Juliette pour la mettre au courant"
MAIS QUEL CON!!! CRÉTINDECONNARDD'ENCULÉDESAMÈREVATEFAIREFOUTREJETEMMERDEGROSCONDEMESDEUX!!!!!
Nous somme SAMEDI, j'ai le droit de dormir le matin sans être pendue à mon téléphone ni imaginer que je puisse être appelée à toute heure pour ramener mes fesses à l'ambassade pour qu'on me dise que je suis réquisitionnée le lendemain, DIMANCHE donc, pour faire un truc qu'en plus je subodore qu'il ne servira à RIEN.
Je rappelle donc el Jefe illico, lui dit que j'ai bien eu ses message, que je suis désolée de ne pas être venue mais que j'ai bien compris pour demain.
"J'croyais qu'on avait dit qu'on laissait les portables allumés ?
- Oh il l'était, mais je dormais donc je l'ai pas entendu...
- Il fonctionne pas ?
- Si si, mais comme je dormais je ne l'ai pas entendu
- Dites Juliette, vous êtes au courant que y'a une Visite d'État là ?
- Evidemment, je...
- Non mais on reste joignable, appelez Camille elle vous expliquera"
.G.,V'¡3WRJFV LKVD MCD:qEW+'QWR JOPEQ3q r,.ç´`a<lds c!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Colère, rage, destruction, mort.
Je le déteste, il faut que j'extériorise, et si possible sans que ça coûte la vie de personne, donc me voici.
Heureusement, le temps d'écrire tout ce que vous venez de lire m'a quelque peu appaisé, et je peux me livrer maintenant à une analyse un peu plus mesurée. OK, c'est vrai que c'est une circonstance exceptionnelle, c'est logique que si un truc important arrive, il faut que nous soyions en mesure d'y pallier et donc que nous soyions joignables. Certes, ce n'est pas le rythme de vie standard que de se lever à 14h le matin et ce n'est pas très intelligent non plus dans une période comme celle-là d'avoir invité des amis qui justement influent directement sur le rythme de vie en question...
MAIS :
Déjà il pourrait se rappeler de nos prénoms, le connard. Et ensuite il pourrait ne serait-ce qu'envisager de ne pas me prendre pour une demeurée quand je lui explique que oui j'ai une vie, mais que contrairement à la sienne elle ne tient pas au nombre de coups de fil que je reçois.
"Vous êtes au courant qu'on a une visite d'Etat"... Mais je t'EMMERDE ! J'ai compris, je sais que c'est important, mais que pour autant tu me reproche de ne pas avoir mon portable à 2cm de mon oreille pour me réveiller un samedi matin pour entendre ta voix de merde me convoquer à une "réunion" dont l'unique objet est de me dire de revenir plus tard, FUCK!
Plus que le reproche d'ailleurs (qui conserve une part de légitimité finalement...), c'est le ton employé, le mépris que je sens derrière et cet espèce de considération que je dois être à ses ordres, à ses pieds, en permanence, à attendre et répondre au moindre de ses coups de fil, à ne vivre que pour lui et par lui, puisque de toute façon je suis stagiaire et que je n'ai pas à poser de questions. C'est une visite d'Etat, c'est important, et c'est évident que mon job est d'aider à ce que tout fonctionne. Oui ça demande des concessions que l'on n'exigerait pas dans un emploi standard en temps normal. Mais je comprends qu'on bosse dans un système à part, et qu'en plus il s'agit d'une circonstance exceptionelle. Oui oui, et encore une foi oui.
MAIS JE NE SUIS PAS À TOI POUR AUTANT GROS CON ! J'ai le droit d'avoir fait autre chose sans que tu me reproches de ne pas avoir vécu en pensant uniquement à toi et au fait que peut-être éventuellement il serait possible que tu aies besoin de m'appeler.
Je le déteste.
Et pour le coup, ce sera un article sans image. Merde.
Edit : Après la rédaction de l'article, j'ai appelé Camille. En fait, il les avait laissé "pour aller manger des tapas et boire du vermouth",
alors qu'il fallait corriger deux chiffres dans le catalogue bilatéral. Youpi, je saute dans des habits et je me rends à l'ambassade pour les aider. Je dis "les" parce qu'il y avait :
- Anne, qui était là pour la "permanence" dans le service, mais ça au moins c'était prévu (ce qui n'avait pas empêché el Jefe de l'appeler plus tôt pour essayer de la faire venir dès le matin)
- Camille bien sûr, qui était venue à 13h sur ordres de el Jefe
- Romain, qui était venu à 12h lui aussi sur les ordres de el Jefe (et qui pourtant avait comme moi des amis à la maison et donc très peu d'heures de sommeil en réserve)
et... c'est tout. Ben oui bien sûr, el Jefe convoque tout le monde à 12 ou 13h (c'est selon l'humeur ?), arrive à 14h30 (authentique !) et se barre ensuite en laissant ses subalternes transformer un m en b et et M€ en Md€ sur quelques NEUF CENT QUATRE-VINGT SEPT catalogues de merde !
Bref, après avoir fait ça, on a chargé les 8 cartons dans la voiture d'Anne pour les porter à la Résidence, puis de la voiture devant l'entrée au PC des gendarmes au fond de la cour, puis du PC des gendarmes au fond de la Cour au poste de la Guardia Civil à l'entrée (parce que ç'aurait été trop facile de faire bien du premier coup)... Enfin, Anne m'a gentiment ramené chez moi, où j'ai retrouvé mon Moutmout et ma Debow préférés, avec qui on va se faire une bonne soirée bien TRANQUILE mais relaaaax et heureux d'être ensemble.
Enfin pour eux je sais pas, mais moi je suis contente qu'ils soient là. Eux, et les fantastiques collègues du boulot.
14 avril 2009
Roh putain !
Excusez cet accès de vulgarité chers lecteurs, mais c'est que cette locution verbale fut le thème de la journée d'aujourd'hui. Laissez-moi vous expliquer...
Tout commence il y a plus de cinquante ans, quand un monsieur *** mis sa petite graine dans le ventre d'une madame *** dans l'ignorance totale de ce que cet acte allait engendrer 9 mois plus tard une aberration darwinienne totale, à savoir un petit Jefe.
Hum, peut-être ai-je commencé un peu tôt.
***Ellipse temporelle***
Nous voilà à présent le mardi 6 avril 2009, et je suis comme chaque matin absorbée par la revue de presse quotidienne avec Camille, quand Romain (récemment arrivé dans le service et chargé des tâches administratives) vient nous prévenir : "Vous ne savez pas quoi ? El Jefe a perdu son téléphone !"
*Oh meeeeerde*
Et de nous expliquer "Il m'a appelé ce matin, à 8h30
*!*
Il l'a oublié hier soir dans un taxi. Il s'en est bien rendu compte en descendant mais le taxi était reparti... Apparement il est monté dans le suivant et lui a dit de le suivre, pour essayer de le rattraper...
*!!*
Mais visiblement ben... Sans succès. Il était en panique ce matin, il m'a demandé que j'aille le retrouver"
*!!!!*
Mais quel genre de désordre mental règne dans la tête de cet homme-là pour qu'il ne pense pas tout simplement à noter le nº du taxi en question, et à appeler la centrale pour récupérer son téléphone ? Et même sans numéro, les courses sont enregistrées, ce doit être possible de retrouver quel taxi se trouvait où et à quelle heure ?! Et au delà, que pense-t-il que puisse faire Romain à 8h30 du matin ? Il n'est -du moins il me semble- pas payé pour courir à travers Madrid à la recherche d'un portable...!
Enfin bref.
Nous en restons là pour la matinée, avec toutefois la consigne claire "Pour me joindre, appelez le portable de Michaël !" Il faut préciser que l'infortuné suivait El Jefe toute la journée et accompagnait les "précurseurs", ces charmantes personnes venues de l'Elysée pour préparer -cette fois- la visite de Madâme.
Nous avons attendu l'après-midi pour connaître la réalité de la situation, au retour de Michaël. Non content de se faire appeler sur le portable personnel de Michaël, El Jefe se l'était tout simplement annexé ! Pour passer ses coups de fils, en recevoir...! Et le plus fort, c'est que lorsque notre pauvre ami a récupéré son téléphone, il a eu la désagréable surprise de constater... Que ses messages textos avaient été lus ! Ben ouais, rien que ça... Le type se fait prêter un portable, donc il considère qu'il peut lire les messages qui arrivent sur celui-ci ! Au cas où ils seraient pour lui, peut-être ? Nan mais franchement...
Enfin, le service administratif lui a fournit un nouveau mobile, avec le même numéro, mais sans les 700 contacts que contenait le précédent, évidemment. Je vous laisse imaginer le dénuement dans lequel se trouvait ce pauvre Jefe... Mais ne nous ne moquons pas, ce genre de désagrément est pénible pour tout le monde (et moi qui vous parle, j'ai pratiqué !).
Bref, il a été infernal toute la soirée, et particulièrement avec Michaël... Mais ça je crois que je le laisserais vous le raconter, les infos sont plus exactes, ça lui fera du bien de se défouler et pis c'est toujours plus drôle quand c'est la personne concernée qui raconte.
Bref.
Tout ceci nous amène à ce matin, où nous étions tous de fort bonne humeur après 4 jours de vacance (jeudi et vendredi étant fériés) et nous ouvrons nos boîtes mail *je cite* "Ci-joint une traduction improvisée du programme des journalistes. J'ai mis Juliette en copie parce que j'ai décidé qu'elle serait en permanence -avec Anne, en alternance- auprès des journalistes à leur hôtel".
*Bon très bien, mail suivant* "En fait c'est bien Camille (et pas Juliette) qui sera avec les journalistes"
Gné ?
...
Ah mais bien sûr ! C'est vrai qu'il ne se souvient toujours pas du prénom de Camille...! Donc depuis le début il parle de Camille, en disant Juliette, parce qu'il pensait à Camille mais finalement il l'a appelé Juliette mais sauf qu'ensuite Juliette n'étant pas Camille, il a dit Camille (et pas Juliette), enfin pourtant Juliette, c'est simple !
*Pouf pouf*
Tout ceci pour arriver au meilleur : Il rentre de déjeuner, d'un pas que je décrirais comme légèrement titubant si je ne craignais d'être traitée de mauvaise langue, et nous sort l'air goguenard "Hé hé (rire gras d'un adolescent prépubère impossible à reproduire dans toute sa splendeur) vous savez pas quoi ? J'ai noyé mon portable ! J'l'ai fait dans mon verre de vin, hé hé hé...!"
O.O
Mais... mais c'est pas vrai ! Il le fait exprès ?? 'fin je veux dire, mais comment c'est possible un type pareil ? Un auto-cliché de lui-même en permanence ! Il en invente de nouvelles chaque jour pour être au top ou quoi ?
... Dans son verre de vin ? Non mais franchement ! Je ne le vivrais pas, je ne le croirais pas.
Et donc voilà, environ une heure plus tard, l'effet euphorisant de l'alcool s'étant sans doute dissipé, le voilà qui s'énèrve, commence à donner des coups dans son bureau, faire les cent pas sur place (c'est très technique), taper dans les murs, la porte...
Bref à péter un plomb. Et finalement, il explose "Roh putain ! J'en ai marre !! Y'a trop de trucs ! J'm'en vais !" et BAM il claque la porte.
17h40, il rentre chez lui.
Il n'y a qu'à moi que ça paraît bizarre où s'en aller précisément quand on est surbooké c'est pas la meilleure chose à faire pour que la situation avance ?
Une grande énigme...
Il a quand même appelé plus tard pour avoir la secrétaire, mais c'est Anne qui a décroché et répondu à l'aboiement suivant "Elle est pas là Araceli !?
-Ben euh non, elle avait un rendez-vous médical et...
- Roh putain ! Ça m'fait chier, putain pourquoi elle est pas là roh putain ?! Ah c'est fou, ça n'arrive qu'à moi ça putain !" Clic.
Peu après c'est au tour du téléphone de Michaël
"Allo ?
- Roh putain ! C'est toi ?
- Eeeeuh oui, c'est Michaël...
- Putain mais c'est pas toi que j'voulais merde ! J'ai plus aucun numéro putain !" clic.
"Plus aucun numéro", c'est vite dit, parce qu'il y en a un qu'il n'a pas oublié, et je vous le donne en mille : le portable de ce cher Micky (qu'il me pardonne ma liberté de ton) ! Il ne l'a pas appelé moins de cinq fois dans la soirée !
Et dire qu'il reste encore deux semaine avant la visite d'Etat, durant lesquelles son stress ne va qu'augmenter crescendo, et son instabilité d'humeur avec ! Sans parler de son incompétence totale et absolue à prendre une quelconque décision ou produire quoi que ce soit d'efficace.
Deux semaines...
Roh, putain.
04 avril 2009
Vous l'attendiez...
La couverture du catalogue des relations franco-espagnoles, bien sûr (cf: article précédent) !
Et encore, on l'a échappé belle, imaginez si on avait gardé les idées intermédiaires del Jefe :
03 avril 2009
Jefemiades
Allez, ça faisait longtemps, un nouveau chapitre de mes jérémiades jefesques (d'où les Jefemiades, z'avez vu comme c'est subtil ?)...!
Donc, par quoi commencer ?
Ah oui, quelques petites anecdotes pour vous montrer qu'en plus d'être misogyne et méprisant envers les subalternes, il est en plus raciste !
Il y a quelques semaines, nous chargeons de nouvelles photos sur le diaporama du site internet de l'ambassade, dont une représentant la Torre del Oro à Séville (de la période de l'empire d'Al-Andaluz). Nous les lui montrons, et quand vient la fameuse photo, le voilà qui doute "Mouais, celle-là... Ça fait pas un peu oriental...?"
***Tu veux dire comme les 7 siècles d'histoire de l'Espagne abruti d'inculte ???***
Ou encore, il y a quelques jours, Anne reçoit à plusieures reprises des appels d'un certain M. Kabango (bon, c'était pas ça exactement, mais bref...) qui veut parler au Jefe. Elle va donc le voir dansson bureau après qu'il revienne de sa pause de midi (environ vers 17h) et lui demande "Vous avez réussit à joindre M. Kabango ? Il a appelé plusieurs fois et... - Hein ? Ah euh... Il est noir non ? - Beeeen... C'est à dire qu'au téléphone j'ai pas bien vu... Ahem."
Éloquent n'est-ce pas ?
Continuons... Ah oui, son incompétence totale ! Encore un sujet sur lequel je pourrais disserter des heures !![]()
Prenons si vous le voulez bien l'exemple de ce sur quoi je travaille actuellement (ainsi que tout le service, et d'arrache-pied) : un "Apperçu des relations bilatérales franco-espagnoles" à fournir lors de la visite d'Etat du petit Nicolas (chuuuuut tout ceci est hautement secret ! Confidentiel diplomatie). Je crois l'avoir déjà rapidement évoqué ici, mais bref, sachez qu'il s'agit d'un recueil de tout ce qui compose les relations
bilatérales entre nos deux pays, axé "on est trop potes, trop forts ensembles, on coopère dans plein de domaines et on a un tas de trucs en commun !". Une auto-pub de notre boulot, à peu de choses près ;-)
Bref, cela fait bientôt 3 mois qu'il a été décidé que nous ferions ce catalogue, et seulement deux jours que el Jefe s'inquiète de ce que le délai qu'il nous reste pour le terminer est horriblement court. Il a une excuse remarquez, ça ne fait que 4 semaines que Michaël ou Anne lui répètent chaque jour qu'il va falloir prendre des décisions, avancer, etc...![]()
Bref, toujours est-il que ce matin, je devait réaliser la couverture du catalogue -selon une géniale idée à lui- composée d'un drapeau français et d'un drapeau espagnol se fondant l'un dans l'autre (saluez l'originalité et le caractère esthétique du projet je vous prie).
Je commence donc par ça, et j'ai beau avoir une haute estime de mes compétences créatives, c'était très moche. Affreusement kitch pour tout vous dire.
Il change alors d'avis "Nan, ce qu'il faudrait, c'est que les drapeaux ne fassent qu'une bande autours de la feuille, et que les écritures soient dans le blanc au milieu" Bon, je m'y recolle. "Ah voilà c'est mieux comme ça !" **Ah ben si tu le dis...** "Mais on peut pas réduire la taille des bandes ?" Et c'est reparti...
"Mouais... pourquoi c'est comme ça, là ? Vous pouvez pas faire plus épais ?" **Ne pas taper, ne pas taper** "Ah bien! Mais on pourrait pas avoir un fond bleu en dégradé, là, pour le milieu ?" **Si... Mais ça m'embêterais de causer un infarctus à tout les non-daltoniens de l'assistance** "On pourrait pas voir par transparence le reste des drapeaux en fait, au milieu, au lieu de tout enlever ?" **Je maîtrise photoshop et c'est ma joie, la lala lalaaa** "Et plus foncé ?" **J'sais pas... Ça va pas faire un peu oriental ?**
"Hum. Mouais. Nan ça va pas en fait, vous trouvez pas que ça fait cadre de miroir, là où on met une photo de famille ?" **À moins d'en vouloir particulièrement à ses parents... Mais 1 point pour toi, c'est la toute première réflexion que Michaël a faite en entendant ta proposition de cadre** "Bon, faites pas un cadre, mais juste un filet, là vous voyez ? Sur le tour. Pas comme un cadre hein ? Là clair comme ça, et là au lieu d'être foncé, clair, vous voyez ? Hein ? Comme une bordure, mais avec un espace, vous comprenez ?" **Je suis pas sûre, répète encore une fois, je ne suis qu'une stagiaire sans neuronnes, c'est dur pour moi**
"Ah non, ça va pas. Et si on mettait juste les deux drapeaux en fond ?" **C'est décidé, je l'étrangle avec le câble de ma souris** "Bon écoutez, on va garder ça, et puis ils décideront à l'Elysée" **Tu veux dire ceux qui nous ont dit il y a un mois qu'il en avaient rien à cirer et que cette idée étant celle de l'ambassadeur, c'était à lui de la financer ?**
Enfin, c'est l'heure de manger. Rex fait une petite fête pour célébrer son départ imminent, et je peux enfin m'y rendre pour grapiller trois olives qui restent... C'était sans compter un coup de téléphone dans le bureau de Justine "El Jefe vous cherche..."
**Et meeeeerdeuh!** Je cours avec Michaël au service presse... Personne. Ah, c'est qu'il est au téléphone ! Parti manger, lui. Évidemment. "Un peu plus sombre quand même, hein, l'image..."![]()
Mais le meilleur est venu après... Alors qu'il parlait à Michaël "Oh ils m'emmerdent avec ce catalogue, là ! C'est vrai quoi... 'tain, j'aime pas quand j'dois décider, là, prendre des initiatives..."
Enfin...! Il a avoué.
26 février 2009
Et la Palme est attribuée à...
La dernière anecdote en date, juste pour le fun... Rassurez-vous, je ne me lance pas dans une autre diatribe vengeresse, ce ne sera pas long cette fois, les faits parlent d'eux-mêmes...
Depuis deux jours, le chef est absent du service (youpi !) parce qu'i laccompagne la délégation venue de l'Elysée pour préparer la visite d'Etat de qui nous savons. Ce matin, la dite délégation était dans le salon de réception de l'ambassade pour un petit-déjeuner de travail avant d'entamer sa tournée de visites et, apparament, l'un de ses membres a oublié son manteau en partant. Vers 14h, El Jefe appelle Anne et lui dit de trouver le manteau et de l'amener à la Résidence de France avant 15h, pour que le type puisse le récupérer. Passons sur le fait que ça ne choque personne de nous faire trimbaler dans Madrid à l'heure de manger pour rapporter un manteau à un mec, et passons au meilleur.
Je monte dans le salon Richelieu, et... N'y trouve absolument rien ! Je fais le tour deux fois, puis j'interroge le chauffeur de la mission militaire (étage où se trouve le salon) qui me dit n'avoir rien vu. J'apelle Anne qui à son tour demande aux gendarmes en bas s'ils n'ont rien vu ou si on ne leur a rien porté. Niet. Anne appelle donc El Jefe et lui explique que le manteau est introuvable : "Comment ça il y est pas ? - Ben, Juliette est allée dans le salon Richelieu et elle ne l'a pas trouvé... - Mais Juliette, toute seule, elle ne peut pas le voir dans le salon Richelieu !"
=.=
Au moins, ç'a été l'occasion pour Anne de me trouver un nouveau surnom... "Fievel" la toute petite souris perdue au milieu de l'immense salon Richelieu, pas coapable de voir toute seule un manteau qui traîne...
24 février 2009
Oh le con...! (El Jefe, Act. IV sc. 1)
Ne dites pas le contraire, les pathétiques aventures de El Jefe vous ont manquées !
Bon, autant vous le dire tout de suite, moi je m'en passerais bien. Mais vous vous en doutiez j'imagine. Bref, qu'au moins sa nullité totale serve à quelque chose, à savoir remplir ce blog et vous divertir -ce qui n'est pas rien, de la connerie 2 en 1, c'pas tout les jours qu'on en a sous la main (j'en ferais presque un slogan de pub tiens...) !
Pouf pouf.
El Jefe est un être misogyne, méprisant, bordélique et imbu de sa propre importance, ça nous le savons (du moins les lecteurs ayant suivit les épisodes I, II et III). Cependant, cet homme est plein de ressources et a l'extrême obligeance d'accumuler tant de défauts que je ne manque jamais de matière pour alimenter mon blog, c'est-y pas adorable de sa part ?
Bref, passons donc maintenant à son instabilité tant psychologique qu'intellectuelle et à sa viscosité.
Bien, je ne me considère pas comme la personne la plus calme et
réfléchie de la Terre, loin de là. Mais tout de même, je suis un modèle
de tempérance auprès de El Jefe. Ah ah, vous ne me croyez pas, ben z'allez voir !
Exemple 1 :
En ce moment, nous préparons un livret pour remettre à la délégation de
journalistes français qui va accompagner Sarkozy lors de sa visite ici
dans deux mois. Un fascicule d'infos pratiques sur l'état des relations
bilatérales en gros, auquel participent les différents services,
chacun selon son domaine d'activité (tandis que notre service les
compile tous, et les résume/met en forme selon le cas). Hier matin donc, El Jefe
entre dans le bureau d'Anne (où j'ai mon poste de travail et où se
trouvait alors Michaël venu demander des fichiers) en râlant "Mais
c'est quoi ce dossier, là ? Pourquoi ça parle des touristes espagnols
en France ?! On s'en fout ! C'est quoi ça, hein ? L'Espagne c'est un
pays du tourisme, et y'a pas un seul chiffre là-dessus...! C'est un
pays qui a une économie, une politique, une histoire hein ! Et là que
dalle, mais faut tout refaire !"
...
Et tu nous expliques
comment on va refaire en un jour ce qu'il a fallu une semaine à
élaborer conjointement avec le service concerné ? Et pourquoi tu
changes tout à coup d'avis quant à ce qu'il faut mettre dans le livret,
un truc sensé être décidé depuis des semaines ? Ah, et aussi comment
sommes-nous, Ambassade de France, sensés -et surtout autorisés- à
fournir des chiffres ou infos que détiennent les Ministères espagnols ?
De fait, il est sorti en tempêtant que rien n'allait... Pour revenir deux heures plus tard, renfrogné "Nan, bon, finalement, c'est pas à nous de faire ça..." Naaaaan, jure ?!
Même
si le document ne lui plaisait pas, était-il obligé de se mettre à
gueuler, surtout pour dire des conneries et revenir aboyer un
contre-ordre trois minutes plus tard ?
=.=
Exemple 2 : Hier après-midi, il entre en claquant la porte du bureau, beuglant depuis le bout du couloir "Juliette ? Juliette ! ... Juliette !! Vous ne répondez pas ?!"
"Euh non, moi c'est Camille." (Ah oui, il a toujours pas capté que mon prénom n'était pas un nom commun synonyme de "stagiaire à tes ordres") "Oui, bon... Ils sont où mes articles ? - Quels articles ? - Eh
bien ceux que je vous ai demandé ! Sur les élections, là ! En Galice et
Pays basque... Faut tout me sortir là, les résultats !! Comme j'vous ai
dit pffff !!" Et il s'en va, toujours râlant.
Camille se tourne alors vers moi "Euuuuh... Il t'as demandé quelque chose ? - Non..."
Alors
voilà, môssieur était tellement convaincu de nous avoir demandé un truc
que ne le recevant pas, il s'est imaginé que nous n'avions rien glandé
! Comme si c'était dans nos habitudes d'ignorer ses demandes...! Gné.
Et la pauvre Camille, tocant à la porte de son bureau pour lui remettre les photocopies "- KESKIYA ?! - Ben... euh... les articles que... que vous avez demandé... - Mais je les veux pas !! - .... ?? - C'est à monter au 2e conseiller et à l'ambassadeur roh !"
Et
commeeeeeent est-on sencées le savoir abrutiiiiii ? On ne demande pas
la lune, mais rien que des ordres clairs ce serait déjà beaucoup,
fussent-ils autoritaires, désagréables, et sans ajout d'un quelconque
s'il vous plaît ou merci (on n'en n'est plus à ce niveau d'exigences
!)...
Arf, mais quel imbécile !
Allez, un 3e pour la route. Ce matin, Anne, Michaël et Araceli étaient à une réunion avec le responsable du service administratif, en leur qualité de recrutés locaux, pour discuter de leur statut légal (différent du corps diplomatique à proprement parler). El Jefe est entré dans le bureau en pétard "Ils sont où là, tous ? - Ben, à la réunion du dialogue social... - QUOI ?! Ils y sont tous, les TROIS ? - Euh, oui... - Rah, mais ils commencent à me faire chier avec leurs conneries syndicales, là !" Et peu de temps après, au téléphone avec je ne sais qui "Non mais c'pas vrai, c'est quoi là, le dialogue social ? Hein, ça sert à quoi ? On est en pleine préparation d'une visite d'Etat, là, on a pas de temps à perdre avec leur truc à la con là ! Et ils sont obligés d'y aller ? Tous ? Anne ET Araceli ? J'veux dire si... truc y est, pourquoi elle y va, elle ?". Un grand moment...
Bref, passons à la suite.
Vous allez me dire, la viscosité n'a rien à voir avec un trait de caractère... Et pourtant si ! Cet homme est visqueux,
il n'y a pas d'autre mot... Ne vous ai-je jamais raconté cette fois où
j'étais allée prendre le dessert avec lui, l'ambassadrice du Vénézuela
et l'organisateur d'un forum économique international pour me présenter
à ces derniers, étant donné que j'allais participer à l'organisation du
dit forum...? Bref, il faut savoir que El Jefe est originaire de
Biarritz et que le forum se déroulait précisément dans cette ville.
Vient donc un moment dans la conversation où nous discutons de
l'invitation de journalistes sur place pour couvrir l'évènement.
L'organisateur du forum rassure El Jefe "Invite-en un maximum, ne
t'inquiète pas pour le logement, on les mets tous à l'hôtel, on paye
bien sûr... Pour tous... Même mademoiselle [moi] évidemment si elle nous rejoint..." Et l'autre de répondre avec un air entendu "Ah mais non, Juliette elle dormira chez moi hein..."
"CñfdLJIFA>kkjAkjnkjNkjknl!!!!"
fut à peu près ma réponse... C'est pas drôle de s'étrangler avec de la
glace au citron. Et encore, il a eu de la chance que je ne la lui
crache pas dessus, le dégueulasse !! Non mais je rêve ! Quand bien même
il ne pensait pas sérieusement son allusion, c'est pas des blagues qui
se font !! C'est... Beeuuuark ! Asqueroso !
Et je ne vous
raconte pas en détail toute les fois où il a sauté sur de malheureuses
journalistes à longues jambes et fortes poitrines, se faisant mousser
de sa "position", de ses "contacts"... Ni du fait qu'il se souvienne du prénom
d'Anne-Laure, qu'il tutoie Justine (stagiaire ENA, récemment arrivée)
dès son premier jour de travail (évidemment, puisqu'elles sont toute
les deux très jolies) alors qu'il vouvoie Anne avec qui il bosse depuis
4 ans et qu'il appelle Romain "l'autre, de chez les militaires"...
Et encore, lorsqu'il prend la peine de le voir. Je n'exagère pas : une
fois en réunion, nous étions tous autours de la table et lui de nous
présenter à un nouvel arrivant "Juliette et Camille, de mon service, Anne-Laure de la chancellerie et... [passage de Rex dans un autre espace spatio-temporel] voilà." ! En même temps Romain n'y met pas du sien, il pourrait avoir une poitrine et un joli décolleté quand même...
Vous allez croire que j'exagère... Mais il y a à peine 30 minutes (et c'est authentique !!), alors que je rédigeais cet article, voilà-t-y pas que mon téléphone sonne... C'est lui. Stupeur et tremblements comme on dit. Je décroche "Allo Juliette, vous êtes rentrée [d'une cérémonie de remise de la légion d'honneur à la Résidence de France] ? - Euuuh... Oui, oui. - Ah vous êtes rentrée, y'a longtemps ? - Ben, en même temps que Michaël, avec
les autres... - Ah bon, et comment ? - Euh, en bus.... - Ah.. C'est dommage.. -
...? parce que... - Non rien, c'est bien. Bonne soirée hein, à demain !" .... Beeeeeeeeeeeeuark ! Déjà qu'il est lourd, alors avec quelques verres dans le nez, on voit très vite quel naturel revient au galop... Nan mais vous vous rendez compte ? M'appeler à 21h30 pour savoir si.. si quoi d'ailleurs ? Si je ne suis pas rentrée, pour qu'IL me ramène ? Eeeeerk !!
Heureusement, je le dis et je le répète, le reste de l'équipe est formidable. Nous nous soutenons face à l'inconstance épuisante de l'autre crétin et au final, finissons par en rire ! C'est toujours mieux que de se taper la tête contre les murs...
31 janvier 2009
Quand le chat n'est pas là...
Déjà, lors des fêtes de Noël, Michaël, Anne et moi avions eu la chance de profiter d'une semaine sans El Jefe, qui avait été fantastique d'ambiance, de bon fonctionnement et d'humeur détendue... Évidemment, entre les ponts, jours fériés et semi-libérés, le rythme de travail n'était pas si intense que ça ^^
Mais là, ces derniers jours, l'idée que je m'étais faite d'un meilleur stage en l'absence du chef s'est confirmée : Il était d'abord censé partir un long week-end dans les Landes pour voir son père qui apparemment ne va pas bien, et puis comme il s'est trouvé que c'était LE week-end de la fameuse tempête du Sud-Ouest. Il nous a donc appelé pour nous dire qu'à cause de cette dernière il ne pouvais pas rentrer avant la semaine suivante. Bon, passons sur le degré de crédibilité de l'excuse (j'vois pas pourquoi il n'a pas tout simplement dit qu'il souhaiter passer plus de temps en famille..).
Bref, non seulement on déconne mais on peut aussi éclater de rire sans crainte de le voir apparaître dans l'encadrure de la porte avec un petit claquement de langue désaprobateur "Tt tt... On travaille, là hein ?" **Mais on colle des timbres imbécile ! On n'a pas besoin de mobiliser tout nos neurones pour ça, et quand bien même on est de bonne humeur c'est si grave que ça ?**
Bref, on se fait des petits déj' aux alentours de 11h, on s'envoie des chaînes-mail débiles, en gros tout va bien.
Mais le plus important n'est pas là. Le meilleur, c'est que comme le chef de service n'est pas là, ses responsabilités retombent sur Anne et Michaël, et par transitivité les leurs sur nous les stagiaires (enfin pas tout à fait, mais je simplifie)... Du coup, on est au courant de ce qui passe dans l'ambassade, des évènements à venir ou des travaux qu'il va falloire préparer -ou du moins, au courant avant la veille de l'évènement "Ah oui, c'est vrai, y'a ça à faire, j'ai oublié de vous en parler...". Et de plus, on participe à des évènements que l'on n'aurait jamais eu l'occasion d'approcher sans ça !
Y'a pas de mystère, ça ne peut être une coïncidence que depuis les mois que je suis en stage, il se trouve que comme de par hasard c'est pile la semaine où El Jefe n'est pas là que je rencontre un rédacteur de la DUDH, que j'écris un article pour le site de l'ambassade et que je participe à un sommet internationnal sur la sécurité alimentaire où j'ai croisé un ministre français, espagnol, le Président du Gouvernement espagnol et le secrétaire général de l'ONU !!
Ah oui tiens c'est vrai, je ne vous ais pas parlé de ça... Ça vaut le coup quand même, on se serait cru à l'ONU ^^ Des gens de tout les pays avec oreillettes de traduction en simultanée... Truc de ouf !
Mais commençons par le début : lundi dernier, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche Michel Barnier est venu à Madrid pour participer à la Réunion de Haut Niveau sur la Sécurité Alimentaire pour Tous. En tant qu'ambassade on est bien sûr chargé de l'accompagner et de l'assister en permanence, et en ce qui concenre le service de presse, de lui porter les dépêches d'actualité suceptibles de l'intéresser. Et à cause d'un cafouillage encore non résolu (de notre côté nous penchons pour une crise d'autorité teintée d'auto-suffisance prononcée) il a fallu lui en amener au milieu de la matinée en plein forum.
Le truc, c'est que j'étais la seule au Service presse, Michaël étant avec Stéphane Hessel et Anne et Camille déjà aux côté du Ministre. Il a donc fallu que je sorte les dépêches et me rende au Centro de Congresos (en taxi payé par l'ambassade, whouhou !) pour les lui remettre. Sauf que je n'avais pas d'accréditation, n'étant pas prévue sur les lieux. Heureusement, mon sens de la débrouillardise, du baragouinage et mon passeport français (et mon air de jeune fille en détresse ?) m'ont permis de me faire accréditer sur place, en direct live !
J'étais trop fière, d'autant que Anne avait l'accréditation du chef, Camille celle de l'attachée agricole et que moi j'ai eu la mienne à mon nom ! Hé hé ^^
Bref sur ce, je suis restée avec elles sur place tout du long de la réunion, et y ai donc eu l'occasion d'entendre les discours de José Luis Ródriguez Zapatero et Ban Ki-Moon, rien que ça !
Enfin, pour en revenir au sujet principal de mon article, je suis dorénavant à 100% convaincue que ce n'est pas mon stage en lui-même dont je doive me plaindre, mais bien du fait qu'il soit sous la responsabilité de l'autre nul. Quand il est là, on ne fait rien que courber l’échine et se consacrer à des tâches subalternes sans intérêt… Uniques tâches qu'il nous estime capables d'accomplir j'imagine.
Bref bref bref, il me reste encore à profiter de lundi sans sa présence (et j'apporte des crêpes pour la chandeleur !!) et puis ensuite... ¡ El tiempo dirá !
En attendant... Les souris dansent !
20 janvier 2009
Mon chef, ce zéro - Épisode II
Vous l'attendiez, la voilà, la suite des aventures d'El Jefe !
Après vous avoir donné un aperçu de sa nature profondément misogyne et méprisante envers les stagiaires, laissez moi vous parler aujourd'hui de son non-sens absolu du rangement et son vain sentiment de grandeur et d'auto-suffisance.
Chapitre 1 : Du bordel et de la non-organisation
Bon, je vous vois déjà venir avec vos commentaires "Comment ça elle critique ? Elle a vu sa chambre/son bureau/sa tête, elle, la reine du bordel ?" et je ne peux pas complètement vous donner tort. Mais c'est une chose de laisser s'empiler les choses en gardant une idée précise de quoi se trouve où (à une ou deux strates près), et ç'en est une autre de tout éparpiller dans tout les sens, perdre la moitié des papiers, et ne pas voir l'autre moitié, même si elle se trouve juste sous son nez !
Quelques petits exemples pour que vous compreniez. L'autre jour j'étais en train de ne rien faire avec Camille (pour changer) et El Jefe débarque, en stress (ah tiens, comme d'habitude aussi) :
"Vous avez la photocopie de l'article que je vous ai demandé ?"
Camille : "Ben,euh non, je vous l'ai donné il y a 20 minutes..."
Lui : "Vous n'avez pas fait de copie ?"
"Non, je..."
"Ah mais faut toujours me faire une copie ! Vous avez vu mon bureau ? Je perds tout ! Faut me garder un double hein!"
...
Mais on n'est pas ta mère, crétin ! Le type, il n'est pas capable de conserver un papier 20 minutes sans le paumer, y'a un problème ! Et quand bien même, ce n'est pas parce que nous sommes stagiaires que nous devons être ses assistantes personelles, chargées d'avoir une mémoire et un sens de l'organisation à sa place...! Mais non, lui trouve ça normal.
Autre exemple : Il y a quelques temps, nous organisions un grand évènement médiatique à l'ambassade, ce qui n'était pas sans provoquer un pic de tension chez cet être déjà fort enclin à l'angoisse. Bref, étant dans un bureau juste à côté du sien, je l'entend engueuler une pauvre fille au téléphone "Comment se fait-il que je n'ai pas eu de réponse, hein ? Pourquoi ? Ça fait une semaine que j'ai envoyé le mail ! Une semaine vous trouvez ça normal ?? ... Comment ça vous n'avez rien reçu ? Je l'ai envoyé il y a une semaine !! ... Hein ? L'adresse... ? Ben attendez, je regarde, dictez-là moi... .fr ? Aaaah! Autant pour moi j'avais mis .com... Bon bah j'vous renvoie ça alors. Mais dépêchez-vous c'est urgent hein ?"
...
Et comme je sais que vous ne vous en lassez pas : Un matin, il va voir Camille "Dites Juliette (ne me demandez pas comment il fait pour ne pas avoir retenu nos prénoms depuis plus de 4 mois qu'on est là), je n'ai pas eu mes journaux ce matin, vous savez pourquoi ?"
Elle : "Ben euh je ne sais pas, c'est Juliette qui les a distribués, alors euh..."
Lui : "Nan mais c'est fou ça ! Les abonnements on les paye, le minimum c'est de recevoir tout les journaux qu'on commande...!"
Puis il s'en est allé en ronchonnant. Aussitôt Camille vient s'encquérir du sort des dits journaux... Et bien je les avais tout simplement posé sur la table ronde en plein milieu de son bureau, en évidence sur les piles de papiers et autres magazines déjà accumulés, au lieu de les mettre sur son bureau, au risque de profiler un éboulement en chaîne...
Et c'était vraiment pas pour le piéger, cette table c'est la première chose qu'on a sous les yeux en ouvrant la porte du bureau, on l'a en droite ligne de mire en étant assis à son bureau, enfin bref c'pas loupable !
Comme ce jour où il s'est mis en pétard parce qu'il n'avait pas ses revues de tauromachie, et que quand il m'a demandé,
j'ai ouvert la première page de EL MUNDO dans lequel sont contenus tout les autres journaux qu'il reçoit et qu'ainsi sont apparues ses précieuses revues !
...
Et tout est comme ça ! Il change d'avis dans la minute, pour tout, s'énèrve, stress, panique... Et je pourrais vous donner tant d'autres anecdotes !
Comment voulez-vous bosser avec quelqu'un comme ça ? Le pire, c'est qu'il n'est pas méchant, il est juste absolument et insupportablement pénible.
Enfin bref, continuons...
Chapitre 2 : De la haute estime de lui-même, et du fait qu'elle ne repose sur aucune base concrète
Ce qu'il faut savoir sur El Jefe, c'est que c'est lui le chef.
Du coup, cela lui donne des responsabilités qu'il est seul à pouvoir assumer contrairement à des stagaires sans expérience, ou lui donne accès à des informations dont il est le seul à avoir besoin, contrairement à ses deux collaborateurs du service presse.
C'est vrai ça, pourquoi l'attaché de communication aurait-il besoin de connaître les dates de la prochaine rencontre billatérale ? Ce n'est pas comme si c'était lui qui devait contacter les médias censés couvrir l'évènement après tout...
Mais l'arrogance d'El Jefe n'est pas du genre ostentatoire, elle s'exprime dans des petites réflexions qui, personnellement, me laisse sans voix. Une fois, je l'entend appeler, ou plutôt hurler "Araceli (son assistante personnelle -oups!- je voulais dire la secrétaire du service presse)! " depuis son bureau. Elle s'y rend et en repars moins d'une minute après, au même moment où retentit un "Juliette !" non moins tonitruant.
Bon, peut-être n'a-t-il pas encore compris l'usage de la ligne interne de téléphone, mais enfin passons, c'est vrai qu'après tout c'est beaucoup plus jouissif de déplacer tout le monde jusqu'à soi.
"Vous savez comment mettre un texte en italique dans la messagerie Outlook ?"
"Ben euuuh, oui. Vous allez chercher le bouton I qui parfois n'est pas visible, mais accessible dans la barre juste au dessus du texte que vous écrivez. Là. Et puis vous cliquez dessus, voilà."
"Ah, d'accord, merci Juliette" et d'ajouter sur le ton de la confidence "Non mais vous vous rendez compte ? Araceli elle sait même pas le faire, ça !"
...
Et toi gros lourd ? Non mais vraiment ! Sous prétexte que quoi ? Qu'il a plus d'importance, il n'a pas à se préoccuper de ce genre de détails, puisque la secrétaire sera bien toujours là pour lui faire ?
Allez, pour finir, une toute fraîche de ce soir : J'étais restée un peu plus tard que d'ordinaire, puisqu'absorbée dans mon dossier d'évaluation du site de l'ambassade (ah oui, comme il a un sous-niveau informatique particulièrement exceptionnel, il m'a attribué la partie du "plan de communication 2009" que l'on doit faire remonter à Paris concernant Internet, enfin un truc bien ! Je suis heureuse ! ^^). En partant en même temps que Michaël (qui lui finit vraiment plus tard, le pauvre), nous le croisons dans le couloir.
"Ah, Juliette, il va y avoir un travail à faire, la loi espagnole sur l'immigration intéresse vraiment Paris, va falloire la leur traduire"
"Ah, ben très bien, pas de soucis..."
"Bon alors c'est 40 pages. Donc vous êtes combien de stagiaires ? Anne-Laure, celui des militaires (oui parce que retenir le nom du garçon, quel intérêt ?) et..."
"Et Camille et moi"
"Et bien ça fera 10 pages chacun, voilà... Parce que bon Cristina (la traductrice)..."
"Oui, elle a déjà beaucoup de choses à faire et..."
"Non, Cristina elle traduit du français à l'espagnol. Traduire en français elle fait pas. Elle sait pas faire, c'est pas sa langue maternelle, hein..."
...
Euuuuh... Cette fille a un CV long comme le bras où les "major de promo" se disputent la vedette avec les "bourses au mérite" et autres "distinction d'honneur" dans des cursus comme le lycée français de Bilbao, un master à Bristol, une école internationale de traduction...
Et je vous jure je n'enjolive pas ! Limite, elle l'écrirait même plus correctement que lui, le français...! Mais passons.
Parce que si vous aviez suivi l'épisode précédent, vous vous rappellerez peut-être cette grand phrase qu'il avait prononcée
"On ne travaille pas pour les
autres ! Non mais quoi, ils se démerdent avec LEURS affaires, ils ont
une stagiaire qui peut l'faire, c'est pas à nous de nous occuper de ça !" (et je cite exactement mon ancien article).
Il n'y a que moi qui trouve cela en exacte contradiction avec ce qu'il vient de demander ? C'est à dire enrôler sans même penser à demander à leurs responsables respectifs les stagiaires de la chancellerie et de la mission militaire ?
Travailler pour les autres, ça jamais ! Mais que les autres travaillent pour lui, évidemment, il n'y voit pas de problème !
Tellement imbu de sa position qu'il considère que tout les stagiaires sont à sa disposition... Un type pareil, ça s'invente pas franchement !
Bon. Je vais arrêter là mon pamphlet, non pas parce que je n'ai plus de matière -loin de là !- mais j'imagine que m'écouter me plaindre n'est pas forcément ce que vous préférez, chers lecteurs ;-)
Aussi je vous dit à bientôt, et pour un contenu moins grognon !
15 novembre 2008
Mon chef, ce zéro
Vous vous demandiez peut-être pourquoi depuis un moment je ne parlais que de four, de costume et de chocolat, occultant complètement mon travail à l'ambassade... En fait, c'est que je n'aime pas du tout mon chef.
J'ose même dire que c'est un
crétin fini, imbu de lui même et sexiste, rien de moins.
Le job de
stagiaire n'est en soi pas forcément passionnant à chaque instant de la
journée, mais de temps en temps quelques pépites d'intérêt viennent
émailler ce quotidien routinier... Mais "el Jefe", lui, s'applique à
n'en laisser aucune pour moi ou pour Camille...
Exemple nº1 : J'avais transmis au chef la demande faite par la chancellerie lors de la réunion pleinière à laquelle j'avais assisté à sa place puisque lui, malade, était rentré se reposer chez lui, de rédiger un TD (Télégramme Diplomatique, crypté et envoyé à Paris) sur les réactions espagnoles au sujet de l'élection d'Obama. Le jeudi matin, nous nous tapons TOUTE les photocopies des
divers journaux traitant du sujet (ce qui le lendemain de l'évènement équivalait à photocopier la moitié de chaque quotidien), et je vais voir el Jefe avec ma pile de feuilles pour lui demander si j'en fait la synthèse
"- C'est classé ?" me demande-t-il
"- Ben oui, j'ai séparé la nouvelle de l'élection en elle-même avec la partie spécifiquement espagnole et..."
- "Non, non faut séparer les titres des éditoriaux des réactions officielles, puis des personnalités importantes et enfin les articles généralistes !"
Bon, admettons. Je me retappe tout le classement de la centaine de pages (et j'exagère pas) et vais le voir pour lui demander où est le nouveau du service (Mickaël, attaché de communication et fort sympathique au demeurant), pour lui faire voir comment on rédige un TD.
-"Oh non, réponds le chef, donnez-lui directement le tas, il se débrouillera"
Bug. Pause. Attendez, ch'uis pas sûre d'avoir compris... Je me suis tapée le sale boulot et c'est le gars qui en a jamais fait et
qui débarque le jour même qui va faire la synthèse ?! Ce que j'ai déjà fait 2 fois, dont une
en l'absence de l'autre débile et sous l'autorité du ministre-conseiller (n°2 de
l'ambassade) qui lui n'a rien trouvé à me corriger ?!
Ça m'a mis hors de moi ! Alors quoi ? Maintenant qu'un autre "mec" est arrivé, Camille et moi réintégrons
notre "rang" de petits mains, bonnes à faire des photocopies et à
traduire des titres d'article pour la revue de presse ?! A lui scanner
ses factures du garagiste et prendre au secrétariat ses feuilles de soin
(authentique !!) ?
Non mais zut alors, je fais sciences-po, j'ai quand
même quelques neurones capables de fonctionner !
J'avais donc décidé de passer la semaine "pour voir"... Eh bien
rien n'est advenu de mieux... Ah si, on a changé la façon de faire la
revue de presse : maintenant il ne faut plus seulement relever les
titres des journaux, mais faire la synthèse des articles parus sur quelques thèmes
majeurs présents dans les différents quotidiens. Jusque là je ne me
plains pas, je suis même plutôt contente puisqu'au moins j'ai
l'impression de mobiliser (au moins un minimum) mes capacités de
synthèse et de rédaction.
Bon, mais cela on ne le doit pas à l'autre nul, oh que non, mais au Ministère qui l'a
appelé pour lui dire que son ancienne méthode (qu'il a imposé en venant
ici) valait que dalle...! Et du coup, môssieur n'a rien trouvé de mieux
à faire que nous demander de venir plus tôt le matin (8h30 pour info,
alors que tout les autres stagiaires commencent à 9h30), pour que la
revue de presse soit prête avant le déjeuner... Enfin "prête"...
Jusqu'à ce que lui-même l'ai relue (parce que Anne, ma sous-chef et
attachée de presse, n'est apparemment pas capable de le faire....) ce
qui hier et avant-hier a attendu jusqu'à... 17h ! C'est bien la peine
de me faire lever à 6h45... =.=
D'autant que l'après-midi, nous n'avons
avec Camille absolument RIEN à faire... ç'en est presque scandaleux !
Pour tout vous dire j'ai passé l'après-midi de mardi à broder (oui oui
!), celui de mercredi à visiter des sites Internet et à apprendre à en
faire un grâce à Anne, et hier j'ai écrit des mails et ai continué ma
broderie... Youpi !
Un autre exemple : il y a deux semaines, la traductrice de l'ambassade avait une
lettre d'un juge espagnol adressée à Sarkozy au sujet des politiques
européenne pour la justice, etc... Bon, elle n'avait pas le temps de la
traduire et nous a demandé à Camille et à moi si on pouvait l'aider...
Nous, ravies, on s'est jetées sur l'occasion ! Mais quand el Jefe est
arrivé il s'est mis en pétard contre la chancellerie (qui nous avait
refilé le document) :
- "On ne travaille pas pour les
autres ! Non mais quoi, ils se démerdent avec LEURS affaires, ils ont
une stagiaire qui peut l'faire, c'est pas à nous de nous occuper de ça !"
Alors que la dite stagiaire c'est Anne-Laure, je mange avec elle tout
les midis, elle est seule pour tout le service de la chancellerie
diplomatique et est toujours débordée de travail ! Le mec (notre chef)
il est incapable de penser en dehors de la stricte hiérarchie et
division des services... "On bosse pas pour les autres"... Ce à quoi j'ai
envie de répondre "Ouais m'enfin comme on n'a rien d'autre à glander de
notre journée, peut-être que donner un coup de main aux autres services
qu'en ont besoin ça pourrait être utile" !
D'ailleurs c'est ce qui s'est passé au final... Anne-Laure m'a passé la moitié de la lettre que j'ai traduite dans mon coin et que j'ai portée à la secrétaire des conseillers qui m'en a vachement remerciée ! Bon je sais, ce n'est jamais bon de court-circuiter la hiérarchie... Mais flûte ! Tout le monde dans l'ambassade se moque de l'autre crétin, et dit que le service presse et communication ne sert à rien... Forcément puisque cet imbécile engueule quiconque nous demande de faire un truc ! Ah que ça m'énèrve !
Donc comme je le disais, j'avais décidé de laisser passer une
"semaine-test"... Alors hier je voualis aller le voir le voir et
lui faire remarquer (très poliment et très humblement je vous rassure)
que s'il avait des travaux INTERESSANT à nous déléguer, ce serait
sympa, histoire qu'on se sente utiles, parce que c'est quand même pour
apprendre et pour faire des choses qu'on choisit de faire un stage.
Mais voilà, il était en déplacement tout hier ! Et donc impossible d'aller lui toucher un mot ! I lfait vraiment tout pour que j'l'aime pas hein...
Du coup je me défoule, je publie !
Mais en même temps, ce n'est que partie remise, lundi je retente le coup ! Vous me connaissez, je suis capable de faire preuve de diplomatie et je
ne suis pas du genre insolente... J'espère donc que ma
demande va être prise au sérieux... Mais avec lui je ne sais pas ! Sans
doutes va-t-il juste rigoler et continuer pareil, peut-être va-t-il au
contraire me faire crouler sous les taches toute plus abrutissantes les
unes que les autres histoire de me faire regretter ma "rebellion"...
Enfin nous verrons bien, au moins j'aurais tenté
quelque chose de plus que rester dans cette inaction forcée et tellement
frustrante, surtout quand je vois les autres stagiaires faire tout le
temps plein de trucs (même avec des degrés d'intérêt variés) !
Allez on respire, on se calme, c'est le week-end, le ciel et bleu et j'vais aller faire du shopping !

















